Juin 2017

DÉPENSES DE SANTÉ. Un éclairage par pathologie

VERS UN RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE DES DÉPENSES

Selon les projections pour les années 2016-2020, certains traitements pourraient reculer (psychotropes), et certaines pathologies continuer à progresser (+ 455 000 patients diabétiques en 2020 ; + 604 000 malades cardio-neuro-vasculaires). Mais la croissance des dépenses de soins devrait quand même ralentir, en raison d’une pression démographique moindre par rapport à la période 2012-2015 (par exemple, le taux de croissance annuel moyen** des maladies cardio-neuro-vasculaires n’augmenterait que de 2,7 % entre 2016 et 2020 au lieu de 3,3 % entre 2012 et 2015).

Les auteurs de ce travail, destiné à alimenter le rapport « Charges et produits », en soulignent les limites (la consommation de soins ne dit pas tout ; projections faites à partir des prévisions démographiques de l’Insee et dans l’hypothèse d’une épidémiologie constante), mais se réjouissent qu’il permette de repérer l’impact des nouveaux traitements (la dépense supplémentaire de 800 millions pour les maladies du foie et du pancréas en 2014 traduit l’arrivée des antirétroviraux dans l’hépatite C), d’entrevoir le virage ambulatoire (en témoigne, dans l’angine de poitrine, la diminution des dépenses d’hospitalisation parallèle à une hausse des soins infirmiers en ville), d’identifier des points d’amélioration (écarts avec les recommandations dans les parcours) et des leviers de maîtrise pour aider au pilotage du système de santé. Dans sa première édition en 2012, cette « cartographie » avait révélé, de manière inattendue, le poids de la santé mentale dans ces dépenses. Au fil des années, elle indique un recours croissant aux hospitalisations ponctuelles, un nombre accru de patients ayant plusieurs pathologies chroniques, et la persistance d’une croissance des dépenses, même si celle-ci devrait s’atténuer dans un avenir proche.

 

* En sachant qu’une même personne peut être repérée par plusieurs algorithmes (par exemple, un patient diabétique en insuffisance rénale). 56 fiches en ligne sur le site Ameli.fr.
** Le taux de croissance annuel moyen des dépenses (TCAM) résulte d’une augmentation des effectifs (liée au vieillissement de la population) et de l’évolution de la dépense moyenne par patient (effet prix).