Novembre 2017

EXERCER LA MÉDECINE GÉNÉRALE en hôpital de proximité

Les hôpitaux de proximité, dont le nombre a fortement diminué, créent une continuité entre médecine de ville et hôpital. Les médecins généralistes ayant adopté cette organisation de travail apprécient cette mixité.

Roger F., 80 ans, se remet petit à petit d’une fracture sévère du fémur. Opéré par un chirurgien dans un centre hospitalier, il a ensuite été rapatrié dans l’hôpital de proximité le plus proche de chez lui. Dans les couloirs de ces hôpitaux, pas de service de chirurgie ni de maternité, mais un service de médecine générale. Roger y retrouve une figure familière : son médecin de ville, qui surveille de près sa rééducation. « C’est la vocation d’un hôpital de proximité : soigner les gens où ils sont et ne pas les délocaliser dans un autre territoire, explique le Dr Christian de Gaye, médecin coordinateur à l’hôpital de Mauléon, dans les Pyrénées-Atlantiques, et président de l’Association nationale des médecins généralistes d’hôpital local (AGHL). Il y a moins de perte de chance pour le patient car il est dans un environnement qu’il connaît. Les décompensations, la dénutrition et même les pathologies infectieuses sont moins fréquentes lorsque le patient est à proximité de son domicile. » Cependant, dans un rapport daté de 2013*, la Cour des comptes donne l’alerte : l’hôpital de proximité est en voie de disparition. « Avant 2000, il y avait 365 hôpitaux locaux – ancienne appellation des hôpitaux de proximité. Aujourd’hui, il n’y en a plus que 157 », regrette le médecin, évoquant également une grande disparité d’implantation. De fait, ces hôpitaux sont un peu les parents pauvres du paysage hospitalier français : impossible de leur imposer la tarification à l’activité comme dans les autres établissements publics.