Décembre 2017

VILLAGE 2 SANTÉ. Un centre de santé pour une autre médecine

À Échirolles, près de Grenoble, un centre de santé communautaire met en pratique une philosophie de la médecine de premier recours où le volet social a toute sa place et où chaque professionnel perçoit le même salaire. Ouvert depuis un an, Village 2 Santé rencontre un franc succès auprès de la population locale.

 

L’accueil de ce centre de santé communautaire n’a rien d’une salle d’attente. Benjamin Cohadon, coordinateur de Village 2 Santé, le définit plutôt comme « un lieu refuge » où le thé et le café sont en accès libre et gratuit. Situé dans un quartier populaire d’Echirolles, près de Grenoble, ce centre a été pensé pour que « les gens n’aient pas l’impression, lorsqu’ils y entrent, de sortir de leur quartier ». Les « usagers » peuvent venir bien avant leur rendez-vous médical, rester après, voire même passer la porte sans rendez-vous. « C’est tout bête, mais le truc du café et du thé gratuits matérialise qu’ici ce n’est pas tout à fait comme ailleurs », explique le Dr Jessica Guilbert, médecin généraliste. Encore étudiants en médecine, les cinq futurs fondateurs de Village 2 Santé se sont questionnés. Qu’est-ce que c’est qu’être soigné ? Et qu’est-ce qu’être soignant de premier recours ? « L’organisation du système de santé actuel isole les médecins des outils permettant d’agir sur les déterminants sociaux qui impactent la santé des personnes », explique le coordinateur. Prenant modèle sur le centre de santé communautaire de Toulouse, la Case de Santé, ils imaginent une structure de soins primaires à la croisée des chemins entre le social, le sanitaire et le collectif. La philosophie du centre s’applique partout, et sur tous les sujets. Ainsi, dans cette équipe de douze professionnels*, chacun perçoit le même salaire que son collègue (soit 1 700 euros net), qu’il ou elle soit accueillant, médecin, accompagnant en soin social, infirmière ou coordinateur. « Hiérarchie de salaire signifie hiérarchie des métiers, analyse Benjamin Cohadon. Cela ne nous semblait pas logique, puisque justement on considère que chaque métier est important pour le soin des gens. »

* 2 accueillants, 4 médecins généralistes, 2 accompagnants en soin social, 1 orthophoniste, 1 kinésithérapeute, 1 infirmière, 1 coordinateur.