Le Concours Médical
Janvier 2018

SOUFFRANCE DES SOIGNANTS. De l’ambulatoire aux structures dédiées

Christine Maillard
L’association Soins aux professionnels de santé (SPS) a tenu le 11 décembre 2017 son troisième colloque annuel dans les locaux du ministère, « ce qui témoigne d’une prise de conscience par nos autorités de l’importance de la souffrance des soignants », selon son président, le Dr Éric Henry. De nouvelles structures dédiées développent des programmes de soins spécifiques.

 

L’association SPS, qui envisage de se renommer « Soins aux professionnels en santé » pour inclure tous les personnels, y compris administratifs, du secteur de la santé, fait valoir le succès de sa plateforme d’appel (voir ci-contre), destinée aux professionnels de santé (soit 1 900 000 libéraux et salariés. Celle-ci est devenue depuis son ouverture, le 28 novembre 2016, « le déversoir de la souffrance des soignants », explique France Hétier (Pros-consulte), qui entend l’améliorer, notamment par un retour sur la qualité de la réponse donnée par des psychologues aguerris.

« Un accompagnement structuré, avec une réponse immédiate, grâce à la présence vingt-quatre heures sur vingt-quatre d’un psychologue ou d’un médecin du travail, d’une équipe dédiée », c’est ce que mérite le soignant après « la survenue d’un événement indésirable grave (EIG), même en cas de faute professionnelle », selon Ségolène Arzalier-Daret (commission Santé du médecin anesthésiste-réanimateur au travail, Smart*, du Collège français d’anesthésie réanimation), qui rappelle la notion de « seconde victime » d’une erreur médicale, à savoir le soignant lui-même. Il faut « banaliser la faillibilité », afin que le soignant puisse se confier à ses collègues (« le debriefing en équipe devrait être un standard, centré sur le ressenti émotionnel ») et restaurer la notion d’appartenance au groupe… Ce qui paraît plus difficile à réaliser pour les libéraux, « dans une solitude abyssale », sauf ceux exerçant en cabinet de groupe, que pour les hospitaliers. En médecine de ville, « tout reste à construire ! ». C’est pourquoi SPS constitue un réseau national de soignants en ambulatoire et met en place trois modules de formation pour apprendre à repérer, écouter, orienter les collègues en souffrance.