Avril 2018

ANTIBES. Encourager l’activité physique adaptée

Dans ce cadre, si le médecin traitant est bien le prescripteur de l’activité physique adaptée, le bilan prérequis avant la prescription – impliquant tests cognitif, d’équilibre, vérification des articulations, du coeur, du rachis et du poumon – est effectué non pas par le médecin traitant mais par l’hôpital. En effet, les médecins généralistes prescrivent peu de sport sur ordonnance, car d’une part les consultations permettant de réaliser ces bilans physiques sont chronophages et non remboursées par la Sécurité sociale, et d’autre part ils manquent de formation sur ces sujets. Le passage par l’hôpital permet ainsi de contourner un des freins majeurs de cette mesure.

Les patients sont ensuite envoyés auprès d’éducateurs sportifs municipaux. « Nous sommes une passerelle, résume Isabelle Blisson, responsable du service des sports. Nous prenons en charge les patients pendant trois à six mois puis nous les adressons à un partenaire qui les prendra en charge sur du long terme. » Les patients suivent donc dans un premier temps 24 séances de sport adapté dans des salles de sport municipales. Le suivi se fait grâce à un cahier de liaison dans lequel le médecin et l’éducateur s’informent. « À ce stade et pour réaliser une étude sur ce premier groupe, une nouvelle épreuve d’effort permettra de voir si leur prise de médicaments a diminué », explique François Bernasconi.

 

PÉRENNISER LA PRATIQUE

Cette phase sera suivie d’une deuxième pour les patients qui souhaitent continuer leur pratique sportive. Il s’agira pour le service des sports d’adresser ces patients aux associations sportives de la région équipées pour la surveillance médicale, afin qu’ils s’autonomisent dans leur pratique sportive. Côté patient, les retours sont très positifs. « Ceux qui ont fait du sport sont contents de s’y remettre, s’enthousiasme le cardiologue, et ceux qui n’en faisaient jamais constatent qu’ils sont capables d’en faire. » Une fois que cette première étude sera finie, l’hôpital compte ouvrir le dispositif aux diabétiques et aux malades psychiatriques. « D’ici trois à six mois, nous serons inondés de patients. »