Septembre 2018

Portrait. DR YANNICK RUELLE. LA MÉDECINE SALARIÉE, SINON RIEN

Laure Martin

PARTAGE DES SAVOIRS

Dès les premiers mois, il s’organise pour développer une offre d’IVG médicamenteuse à ses patientes afin de répondre à leur demande. Intervention en milieu scolaire sur la sexualité et la contraception dans le cadre de l’activité du planning familial intégré au CMS (lire article page 26), dispositif Asalée, éducation thérapeutique du patient sur le diabète, l’asthme, la nutrition-obésité, protocole de vaccination par les infirmières en charge du calendrier vaccinal : les activités mises en place au sein du CMS sont nombreuses. « Entre les trois CMS de Pantin, nous avons aussi instauré des concertations pluriprofessionnelles tout comme en interne au sein de chaque centre », précise le Dr Ruelle.

Il décide également de développer la maîtrise de stage dès mai 2013. « J’étais déjà maître de stage à Poitiers, et j’ai voulu reproduire le modèle ici. » Depuis, les quatre médecins généralistes du CMS sont maîtres de stage d’un interne de niveau 1, de deux internes SASPAS et d’un externe.

Le Dr Ruelle endosse aussi un rôle universitaire en tant que directeur adjoint du département de médecine générale de la faculté de Paris-13, responsable de l’enseignement des internes. « J’ai toujours eu une petite appétence pour le partage du savoir, mais je n’avais pas du tout planifié une carrière universitaire », reconnaît-il. Dans l’enseignement qu’il propose, il souhaite sensibiliser les futurs médecins à l’approche sociale de la médecine. « Lorsqu’on discute avec un patient, on constate rapidement que les déterminants sociaux ont un effet direct sur sa santé. On le voit d’autant plus avec le développement de la souffrance au travail, avec les problèmes d’habitat et de littéracie. Cette prise en compte de la part des médecins dépend en partie du milieu social dont ils sont issus. C’est tout le problème avec les études de médecine d’aujourd’hui et de la sélection en fin de première année. La majorité des étudiants sont issus de milieux sociaux privilégiés. Ils vont alors moins exercer la médecine générale, moins s’installer dans les quartiers défavorisés et moins développer une vision globale de la santé. » À la faculté de médecine Paris-13, cette approche sociale est prise en compte. Le programme de patients-enseignants, mis en place en 2016, permet aux étudiants de découvrir l’influence des déterminants de santé chez les patients (voir page 11).