Septembre 2018

MSP. Objectif qualité

Valérie Devillaine

Le Dr Ménard a souligné que « cette coordination représente surtout une révolution culturelle pour les médecins qui sont encore formés sur leur responsabilité individuelle, alors que, dans l’exercice coordonné, chacun a la même valeur puisque chacun concourt à régler le problème du patient ». Il a aussi salué le chemin parcouru depuis 2008, où les premiers projets se heurtaient à des difficultés réglementaires comme l’interdiction faite aux médecins et aux infirmiers de partager une salle d’attente !

 

MATRICE DE MATURITÉ

Géraldine Valerio, de la délégation territoriale de l’ARS en Seine-Saint-Denis, qui accompagne les projets de MSP sur le département, a présenté ensuite un outil pratique d’évaluation de la qualité : les matrices de maturité. Ces grilles comportent différentes dimensions, comme le travail pluriprofessionnel, le système d’information ou encore l’implication des patients. Et pour chaque dimension, il existe des caractéristiques de progrès à renseigner. L’ARS Île-de-France aide les équipes à s’approprier cet outil : entre début 2017 et aujourd’hui, 4 MSP et 4 centres de santé l’ont ainsi expérimenté sur 18 mois. Au terme de cette période, il apparaît qu’il est difficile de mobiliser toute l’équipe sur cette évaluation et qu’il est préférable de définir deux thématiques prioritaires sur lesquelles s’auto-évaluer.

La MSP Miriam-Makeba a fait partie des structures ayant expérimenté cet outil. Son coordinateur, Tariq Mohamad Aboubacker, Julie Le Galliot, infirmière, et Aurore Decolle, sage-femme, ont donc présenté les résultats de cette évaluation. Côté positif, Aurore Decolle a par exemple noté que « nous avons des réunions régulières, avec des comptes-rendus et des discussions sur certains dossiers  », mais la sage-femme a pointé aussi des pistes d’amélioration dans sa pratique, comme mettre en place la traçabilité pour ses patientes suivies à l’extérieur. L’infirmière a appelé de son côté les étudiants infirmiers à venir faire des stages à la MSP : « nous avons grand plaisir à les accueillir, mais il y a très peu de demandes… ». Elle a noté pourtant que « la coordination en MSP rejoint la dynamique d’équipe qu’on a dans un service hospitalier ». En termes d’implication des patients, l’équipe s’est félicitée de diffuser des informations par des affiches et des messages sur écran en salle d’attente, mais souhaite faire plus en identifiant les besoins des patients en matière d’ETP, en assurant un meilleur suivi social, avec un traçage des démarches et un partage en équipe. Elle est aussi attentive aux demandes de ses patients qui souhaiteraient une plus grande amplitude horaire notamment.