Septembre 2018

MSP. Objectif qualité

Valérie Devillaine

PATIENTS-ENSEIGNANTS

Enfin, le Dr Yannick Ruelle, médecin généraliste à Pantin et maître de conférences à la faculté de médecine de Paris-13, a présenté le dispositif de patients-enseignants, mis en oeuvre en 3e cycle. « En 3e cycle, on n’est plus là pour apporter des connaissances mais des compétences. On s’appuie sur le savoir expérientiel des patients, pas sur leur connaissance de la maladie en particulier », a-t-il affirmé. Des patients sont ainsi recrutés dans le milieu associatif. « On nous dit souvent que ce ne sont pas des patients lambda. En effet, ce sont aussi des enseignants, tout comme les médecins qui interviennent ne sont pas des médecins lambda mais aussi des enseignants, tient-il à souligner. Au Québec, cette pratique existe depuis trente ans, et l’université de Montréal compte 400 patients-enseignants. » À Paris-13, le dispositif fait l’objet d’un protocole de recherche, en termes d’étude du concept de patient-enseignant et en termes évaluatifs sur l’acceptabilité et les impacts du programme. Les premiers résultats montrent que la petite part d’étudiants a priori réticents se révèle agréablement surprise par cet enseignement. La majorité des internes témoignent même d’une expérience très positive, d’un patient- enseignant « investi, engagé, très à l’écoute, très utile pour bien comprendre nos patients, mieux comprendre le ressenti des patients, le système de santé, leurs parcours de soins, leurs droits, la législation ». Certains en demandent encore plus, avec des ateliers pratiques sur la communication et l’intégration…, d’autres professionnels de santé. La boucle de l’exercice pluriprofessionnel est donc bouclée.