Mars 2019

PORTRAIT. Odile Anna Mathellon. En quête d'alliance

UN ACCOMPAGNEMENT RAPPROCHÉ

Créé en 2008, le pôle pluridisciplinaire de santé de Saint-Méen-le-Grand compte aujourd’hui 45 infirmiers, médecins, pédicures-podologues, kinés, etc., qui prennent en charge des usagers de tous âges et pathologies. En cas d’inquiétudes pour l’avenir du patient, ils font appel à Odile Anna Mathellon. « Ça prend souvent des allures de “Tiens, tu ne voudrais pas prendre contact avec monsieur Bidule ? Là, ça va, mais je crois que d’ici quelques mois, ça pourrait se compliquer” », rapporte celle qui se présente aux usagers comme « l’infirmière du pôle ». Des termes simples pour ne pas en rajouter aux situations parfois complexes que traversent les patients.

Car certaines situations sont plus compliquées que d’autres. Odile Anna Mathellon connaît bien le secteur pour y avoir exercé en libéral pendant une vingtaine d’années et reconnaît avoir du mal à toucher certains patients. Manque de confiance en soi, baisse des capacités physiques, pluripathologies déclarées… Pour diverses raisons, certains font la sourde oreille. « Il y en a qui refusent leur condition ou leur état de santé, mais trop souvent, on ne leur demande pas ce qu’ils veulent. Or nous sommes des êtres humains... Je ne force jamais les gens mais, en cas de refus, je ne les perds pas de vue. » L’infirmière baroudeuse tente alors le rapprochement par un autre biais. Une de ses plus jolies victoires ? « Cette dame qui avait perdu toute confiance en elle après une chute. Comme elle était proche de sa femme de ménage, j’ai ainsi pu la rencontrer malgré ses réticences et lui proposer de participer à des ateliers Equilibr’âge avec une kinésithérapeute. Des rendez-vous réguliers, pas loin de chez elle, où elle s’est fait des copines. Trois mois plus tard, je la vois qui marche seule dans la rue… Et ça, moi, j’adore ! »

Odile Anna Mathellon carbure aux bonnes énergies et est aussi inspirée par la proximité et la confiance que lui offrent, plus ou moins rapidement, les patients. « Oui, tu perds peut-être un quart d’heure à la première consultation. Mais au final, tu gagnes trois consultations. » Chaque mois, elle réalise ainsi entre 10 et 15 visites à domicile : « Ici, on ne peut pas être sur un mode prescriptif. Il n’y a qu’un accompagnement rapproché et le relationnel qui portent leurs fruits. Il y a un côté simple, qui s’articule autour du médecin traitant, mais cela repose avant tout sur l’alliance avec le patient. Sans cela, on ne fait rien. »