Mars 2019

GRAND DÉBAT. Quelles sont vos propositions ?

Fanny Napolier et Karen Ramsay

(…) Comment libérer du temps médical ? Il suffit d’augmenter la rémunération des médecins qui pourront ainsi se payer des assistant(e)s. (…) Et je trouve l’idée de nous imposer d’accélérer la cadence, de faire de l’abattage, extrêmement cynique. Il ne faut pas oublier que les patients ont besoin d’écoute, on ne peut les mettre dehors sous prétexte que le chronomètre a sonné. La population médicale se féminise, les jeunes (dont je fais partie) désirent moins travailler et prendre des congés, et avec l’évolution déplorable de nos conditions de travail, l’explosion des seniors, ce n’est tout simplement pas possible. (…) Je n’ai plus aucune confiance en l’avenir du système de santé français. Je le vois se déliter depuis plusieurs années. Je suis pourtant encore très loin de la retraite, et je me demande comment tout cela va se terminer. »

 

« VALORISER LES CONSULTATIONS LONGUES »

Généraliste, libéral, moins de 35 ans

« Un des problèmes de notre mode de rémunération est qu’une consultation pour une rhinopharyngite de 5 min est payée le même prix qu’une consultation de 1h15 pour un problème psychiatrique ou autre. Le résultat est que les médecins ont tendance à privilégier les motifs de consultation rapide. (…)

Cette course à la rapidité ne laisse aucune place à la prévention ni à l’éducation thérapeutique. Il serait bon d’inverser cette tendance. Je propose de créer de nombreux actes pour valoriser les consultations longues. Valorisons par exemple la prévention, l’éducation thérapeutique, la psychothérapie de soutien, l’écriture d’une lettre à un confrère (...), la prescription d’examens complémentaires... Ainsi, lorsqu’une consultation s’annonce compliquée, le médecin peut bloquer deux rendez-vous car il sait qu’il sera payé suffisamment. Cela valorisera les consultations de qualité. »

 

« ARRÊTONS LA RÉMUNÉRATION À L’ACTE »

Généraliste, salarié, 35-45 ans

« Créer des centres municipaux de santé qui seront le premier recours et orienteront si besoin. Décharger les médecins de toute tâche administrative en leur fournissant des secrétaires municipales et une organisation où ils peuvent coopérer, faire des groupes d’échanges de pratique. Arrêter de rémunérer à l’acte. Rémunérer la prévention, mais aussi éduquer la population à la santé. »