Avril 2019

Portrait. JEAN-LUC PLAVIS PATIENT-EXPERT, PARCOURS D’UNE VIE

Camille Rosenblatt

UN INTÉRÊT POUR LE DROIT DES PATIENTS

L’état de santé de Jean-Luc Plavis se stabilise peu après son retour à Suresnes, sa ville natale, située en banlieue parisienne, où il reconstruit progressivement sa vie sociale. Fort de son expérience associative chez AVE, il intègre l’Association François- Aupetit (AFA) qui accompagne les personnes atteintes d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (Mici). Il y crée un service de médiation juridique à la demande du directeur, puis en devient administrateur. De plus en plus sensible au droit des usagers, il rejoint en 2009 le collectif inter-associatif sur la santé (Ciss) Île-de-France, où il sera, entre autres, correspondant d’Alain-Michel Cerretti, alors conseiller santé du médiateur de la République puis du Défenseur des droits. « En 2010, à la demande de Claude Évin, j’ai travaillé avec l’ARS Île-de-France sur la question des droits des malades et la qualité du système de santé, et plus particulièrement sur la médiation en santé, explique Jean-Luc Plavis. Peu après, j’ai cofondé, avec son appui, ReMéDié, le Réseau de médiation pour le développement de la démocratie en santé, afin de promouvoir la médiation et faciliter sa mise en oeuvre. »

Ses travaux l’amènent à observer que « les professionnels de la santé, du médico-social, du social ne parlent pas le même langage, ce qui rend la coordination des soins difficile pour les malades ». Il décide d’alimenter ses réflexions en la matière auprès de professionnels de santé libéraux et rencontre un pharmacien et un médecin généraliste qui évoquent les difficultés sur leur territoire, du fait notamment de la pénurie médicale. Le trio se découvre une vision partagée sur la place de l’expérience du patient dans le soin, la question de la démocratie en santé et l’éducation thérapeutique. L’idée de la MSP naît là.

Inaugurée à Suresnes début 2016, la MSP des Chênes compte aujourd’hui une dizaine de professionnels et reçoit chaque année 3 000 patients. Conservant son activité professionnelle de coordinateur régional du Ciss (devenu depuis France Assos Santé), Jean-Luc Plavis intègre la gouvernance de la MSP en tant que cofondateur. Il y arbore également deux autres casquettes « bénévoles » : patient-expert et coordinateur des projets de patients. « À ce jour, nous sommes la seule MSP cofondée par un patient-expert qui prend part à sa gouvernance », explique-t-il, avant d’ajouter humblement : « Ce projet a été le fruit d’une suite de rencontres, de circonstances. Et surtout de l’engagement fort du médecin généraliste et du pharmacien qui m’ont soutenu et impliqué dans le projet. »