Avril 2019

SOUFFRANCE PSYCHIQUE. Les débuts d’Écout’Émoi

Gaëlle Desgrées du Loû

UN TARIF QUI AGACE

En région Pays de la Loire, seuls trois jeunes étaient inclus dans l’expérimentation sur le territoire de Saint-Nazaire au 31 janvier 2019. « Il n’y a pas encore d’inclusion sur le territoire de Cholet, nous sommes toujours en phase de sensibilisation des professionnels », indique l’ARS Pays de la Loire. Psychologue et coordinateur de l’expérimentation Écout’Émoi à Cholet, Loïc Portais précise le contexte : « La MDA s’installe tout juste. Nous sommes dans des locaux du conseil départemental qui ne sont pas encore bien identifiés et si tout le monde se retrouve sur cette bonne idée d’un parcours coordonné pour les jeunes, nous nous heurtons à des écueils : le manque de disponibilité des médecins généralistes qui sont tous surbookés à Cholet (près de 4 000 patients n’ont pas de médecin traitant) et le tarif de consultation des psychologues libéraux fixé à 32 euros, alors que la pratique habituelle se situe entre 35 et 45 euros. Certains psychologues butent sur cette question. » Ces consultations sont « inutilement sur prescription médicale puisque la compétence diagnostique est inscrite dans la profession même et fait partie de l’exercice de la praxis psychologique », a ainsi dénoncé le Syndicat national des psychologues (SNP), refusant « la paramédicalisation des psychologues, les consultations psychologiques à 22 ou 32 euros […], la mainmise et le filtrage de la médecine sur la psychologie ». Au sens légal du terme, les psychologues ne sont pas une profession de santé. Dans le code de la santé publique et dans le décret qui fixe la liste des professions représentées au Conseil supérieur des professions paramédicales, ils sont absents des professions médicales et auxiliaires médicaux. Ce qui signifie, pour le SNP, que le psychologue ne travaille pas sur prescription médicale.

À Saint-Nazaire et Cholet, six chartes d’engagement ont été signées, mais le réseau n’est pas encore suffisant alors qu’il faudrait une dizaine de psychologues dans chaque département et une douzaine de médecins (libéraux, scolaires ou universitaires).