Mai 2019

RÉGION BRETAGNE. « Le CHU de demain doit porter ses missions hors les murs »

Karen Ramsay

Avez-vous de tels dispositifs mixtes déjà implantés au sein de votre territoire ?

Il y a tout d’abord la MSPU de Fougères que nous avons soutenue avec la faculté de médecine, l’ARS et le conseil départemental. Faire découvrir aux jeunes médecins l’exercice en maison de santé les rassure sur ce mode d’exercice et les fidélise, tout en gardant un lien avec la vie universitaire et les équipes de spécialistes. Nous projetons également, en lien avec l’ARS et la Ville de Rennes, d’implanter dans le quartier prioritaire du Blosne, une structure mixte ville-hôpital pour renforcer l’offre de soins. Des médecins du CHU pourront aussi offrir des consultations avancées en complément du projet en cours d’élaboration par les médecins de ville.

Nous avons transféré en novembre 2018 la maison médicale de garde au sein du service des urgences adultes de Pontchaillou. L’objectif est de faciliter l’accès des patients à une consultation de médecine générale les samedis et dimanches et jours fériés, et de mieux articuler son organisation avec l’hôpital. Ce dispositif permet à la trentaine de médecins généralistes qui y participent d’avoir accès au plateau technique du CHU. On souhaite aujourd’hui étendre cette activité au-delà des week-ends et jours fériés. C’est d’ailleurs l’une des orientations du plan « Ma santé 2022 » afin d’éviter l’engorgement des services des urgences.

 

Quelles sont les attentes du CHU face à l’ambulatoire ?

Le CHU est très engagé dans le virage ambulatoire et le développement des alternatives à l’hospitalisation : hôpitaux de jour pluridisciplinaires, chirurgie ambulatoire, hôtel hospitalier, expérimentation de nouvelles collaborations ville-hôpital… Les CHU de demain doivent être des têtes de réseau, des établissements très ouverts sur leur territoire. Ils seront de plus en plus des CHU « hors les murs », que ce soit en lien avec la médecine de ville ou les établissements de proximité ou référents. Ils devront porter, encore plus qu’aujourd’hui, leurs missions hospitalo-universitaires en matière de recherche, de formation et d’innovation dans les territoires. Et s’appuyer sur les outils numériques et de télémédecine.

Le CHU de demain sera un CHU pilote de la transformation de la formation et des métiers. D’ailleurs, la faculté de médecine de Rennes a obtenu l’accréditation pour le master de pratique avancée pour les infirmières. Vingt personnes sont inscrites cette année et il faudra demain préparer ces nouveaux métiers.