Mai 2019

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Christine Maillard

COMBATTRE LA PÉNURIE DE MÉDICAMENTS

En septembre 2018, avec le collectif Parkinson, dont elle fait partie(3), l’association a dénoncé les pénuries de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. Leur fréquence a cru de 30 % entre 2016 et 2017 (537 signalements à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé [ANSM] en 2017), toutes pathologies confondues, avec une durée moyenne de rupture d’environ quatorze semaines. La délocalisation des sites de production et leur nombre restreint sont le plus souvent en cause, selon le rapport de la mission d’information sur la pénurie des médicaments du Sénat, présidée par Yves Daudigny.

Les patients parkinsoniens ont été concernés par la rupture du stock du Sinemet, consécutive à l’arrêt de la production d’usine et annoncée pour plus de sept mois, sans que le générique ne permette de faire face aux besoins. In fine, cette rupture n’aura pas provoqué d’accidents graves par sevrage brutal, grâce au remplacement du Sinemet par le Modopar (l’ANSM avait diffusé des tableaux d’équivalence), et le laboratoire MSD a été condamné pour défaut de présentation d’un plan de pénurie.

L’association avait lancé une pétition, signée par 35 000 personnes, adressée au gouvernement afin de demander un plan d’urgence pour lutter contre les pénuries. Après avoir adressé à l’ANSM – qui met en place un plan pour accompagner la pénurie – la liste des médicaments déclarés essentiels par arrêté ministériel pour ces patients, et demandé que leurs lieux de production lui soient indiqués, elle a participé à une réunion entre les associations, le ministère et l’ANSM, le 22 mars dernier. Par ailleurs, France Parkinson adhère à France Assos Santé, qui a demandé une régulation plus efficace de la part des autorités sanitaires nationales et européennes, avec une harmonisation à l’échelle européenne, une information claire sur les causes de ces ruptures, les plans de gestion des pénuries (PGP), et les sanctions imposées en cas de manquement aux obligations de notification et de mise en oeuvre de ces plans.

3. Avec l’Association des groupements parkinsoniens de la Loire, le comité d’entente et de coordination des associations de parkinsoniens, la Fédération française des groupements de parkinsoniens, Franche-Comté Parkinson et Parkinsonia.