Novembre 2019

PORTRAIT. Théo Lemouton : aux petits soins des futures mères

Laure Martin

L’AVENTURE EN LIBÉRAL

Pourtant, à l’origine, Théo Lemouton ne souhaitait pas débuter sa carrière par une installation en libéral : « Il faut se lancer, c’est un vrai plongeon. Or je n’avais encore jamais découvert la pratique libérale aux côtés d’une sage-femme » car, pendant ses études, le stage en libéral est optionnel et « doit presque être justifié ». Il doit s’inscrire dans le parcours professionnel de l’étudiant, « comme si l’on basculait du côté libéral, dès lors que l’on choisissait de faire un stage en ville », s’en étonne encore le maïeuticien. Il découvre néanmoins cet exercice en effectuant un stage auprès d’un gynécologue, une approche qui lui plaît car « on est beaucoup plus détendu par rapport à l’hôpital. J’ai trouvé le rapport aux soins et aux patients vraiment très intéressant ».

À défaut de décrocher un emploi à l’hôpital, il se laisse tenter lorsqu’il repère une annonce pour la reprise d’un cabinet au sein de la petite ville de Bernay, à une heure de Rouen. « La sage-femme souhaitait partir à la retraite. Elle m’a beaucoup appris et m’a fait une véritable passation de savoirs. Nous avons exercé en doublon pendant quelques semaines car elle souhaitait laisser son cabinet et ses patientes à quelqu’un de confiance. »

Cette installation le conduit à effectuer des formations complémentaires car le mode d’exercice est différent de ce qu’apprennent les étudiants. Soit une formation continue d’une semaine en rééducation périnéale, une autre sur l’allaitement et un diplôme interuniversitaire (DIU) d’un an en suivi gynécologique et contraceptif, sexualité et régulation des naissances. « Grâce à ces formations, je me suis senti un peu plus en confiance pour aborder mes patientes et leurs questions. »

 

DOUBLE DÉMÉNAGEMENT

Théo Lemouton reste deux ans à Bernay avant de déménager, pour des raisons personnelles, à Paris. Son objectif : trouver une MSP au sein de laquelle les professionnels de santé proposent un réel exercice de groupe. « À Bernay, j’étais installé dans une maison médicale de groupe, avec d’autres professionnels de santé – médecins généralistes, infirmières, ophtalmologues, diététiciens, ergothérapeutes – mais sans projet de santé en commun. Je souhaitais que la structure évolue vers une maison de santé au sens officiel, pour partager des patients avec les autres soignants, développer des prises en charge communes, obtenir des subventions pour effectuer de la coordination. Mais la mentalité des professionnels de santé était très “libérale”, avec cette idée de ne pas prendre les patients des autres. »