Février 2020

ORGANISATION. La CPTS de Vénissieux, première signataire de l’ACI, entre en piste

Gaëlle Desgrées du Loû

Deuxième priorité de la CPTS : faciliter les sorties et les retours précoces après une hospitalisation. Les 52 IDE de Vénissieux sont au centre du dispositif, les volontaires étant chargées de coordonner la sortie d’hospitalisation afin d’assurer le retour au domicile dans les meilleures conditions, d’éviter les rechutes et d’éventuelles réhospitalisations. En pratique, les établissements du secteur de Vénissieux qui auront passé convention avec la CPTS signaleront au numéro unique de la CPTS la sortie programmée dans les 24 à 48 heures d’un patient. Laetitia Bouillot, infirmière libérale et présidente de la CPTS, se félicite de ce rôle central : « On a imaginé qu’une IDE pouvait aller chercher à l’hôpital une relève avant que le patient ne sorte et transmettre les informations à l’ensemble des professionnels qui vont entourer le patient. » Le groupe hospitalier des Portes du Sud, impliqué dans le bureau de la CPTS, est partie prenante.

 

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La CPTS travaille par ailleurs sur la construction des parcours de soins ville-hôpital et entre professionnels, avec la définition de protocoles communs de prise en charge des patients polypathologiques et l’utilisation du réseau social des professionnels de santé développé sur smartphone par l’URPS médecins. Des actions territoriales de dépistage et de prévention sont prévues : prévention des chutes du sujet âgé, reprise d’une activité sportive pour les diabétiques, couverture vaccinale et dépistage des cancers. « J’ai senti un soutien réel de la CPAM, grâce notamment à un service dédié aux CPTS et aux maisons de santé. J’avais l’impression que nous parlions le même langage », se réjouit Myriam Nauche. « L’ARS et l’Assurance maladie sont plutôt bienveillantes et nous laissent avancer sans trop de pression, alors que les CPTS sont amenées à se développer partout en France », confirme la présidente Laetitia Bouillot, qui a néanmoins conscience de la difficulté à mobiliser l’ensemble des professionnels. « Il faut qu’il y ait une dynamique qui les intéresse. »

Pascal Dureau estime d’ailleurs qu’il n’y a pas le choix : « Soit vous vous organisez, soit vous faites du Uber médical. La CPTS est un modèle de résistance entropique à la société Uber, caractérisée par l’enthalpie et la destruction du système organisé qui génère plus de profit individuel mais diminue le bénéfice collectif. Est-ce que dans les cinq prochaines années, les professionnels pourront montrer qu’ils arrivent à s’organiser sur le territoire ? »