Le Concours Médical
Octobre 2020

ARTICLE 51. Projet PacO, le parcours obésité en région Paca

COORDINATION ET FINANCEMENT

Finalisé en juin 2019, ce parcours patient souffrant d’obésité sévère et de comorbidités dessinait les grandes étapes, du pré- au postopératoire : les six mois avant l’intervention de chirurgie bariatrique, avec la mise en place d’un « passeport patient », une réunion de concertation pluriprofessionnelle (RCP) harmonisée, les bilans des consultations de spécialistes, un parcours éducatif avant et après l’intervention, ainsi qu’un suivi au long cours. Un parcours finement ficelé mais qui comptait des interventions de soins ou des prestations non financées par l’Assurance maladie : le recours aux diététiciens et psychologues, l’activité physique adaptée (APA), le temps de l’éducation thérapeutique, les compléments vitaminiques, les tests biologiques… « Le dispositif “article 51” a été la cerise sur le gâteau, se réjouit Sylvia Benzaken, grâce notamment à la possibilité de financements dérogatoires. Nous avons ainsi pu financer les actes jusque-là non pris en charge ainsi que la coordination de parcours. »

La charte « Paca Obésité » (PacO), signée par les établissements participants, vise plusieurs objectifs : améliorer la prise en charge immédiate et à long terme, permettre l’accès sans surcoût à un parcours de soins suivi par des indicateurs de qualité et notamment mesurés par les patients, assurer un parcours coordonné et pluriprofessionnel, amener les établissements de santé de la région à améliorer la pertinence de la prise en charge et à s’approprier ces démarches de prévention, mesurer l’impact du financement du parcours sur la qualité de la prise en charge, organiser une coordination régionale du projet et du système d’information, ou encore évaluer la satisfaction des usagers et des professionnels.

« Cette question de pertinence du parcours de chirurgie bariatrique est un aspect qui intéresse tout particulièrement les centres spécialisés de l’obésité, dont les deux missions tournent autour de la prise en charge des obésités sévères et de la coordination de la filière de soins régionale », explique le Dr Véronique Nègre, pédiatre au CHU de Nice, coordinatrice des deux CSO en Paca et présidente de l’APOP*. Car si le patient est très bien suivi par l’équipe hospitalière pendant la première année post-chirurgie, petit à petit, il a tendance à s’éloigner du soin. « Et c’est là que l’on souhaite impliquer plus fortement les médecins généralistes », poursuit-elle.

* Association pour la prise en charge et la prévention de l’obésité en pédiatrie.