Le Concours Médical
Décembre 2020

ASSOCIATION RUBIES. Le rugby dans la mêlée contre le cancer

Depuis 2017, l’association Rubies développe une pratique du rugby spécifique pour les personnes atteintes de cancer, en collaboration avec des services d’oncologie.
Amélioration du pronostic, tolérance à la douleur et aux traitements, bien-être physique et moral... Les bienfaits sont nombreux.

 

Juin 2019. Le Stade toulousain soulève le bouclier de Brennus, trophée remis au champion de France de rugby, au nez et à la barbe de son ennemi de toujours, l’ASM Clermont Auvergne. Six mois plus tard, les Toulousaines des Rubies se déplacent en Auvergne pour participer aux premiers pas de la section clermontoise de l’association Rubies. La dixième à être créée en trois ans. Toulouse et Clermont alliées sur un terrain de rugby, c’est une première !

Développée au départ grâce à un partenariat entre l’IUCT-Oncopole et la Fédération française de rugby (FFR), l’association Rugby union bien-être santé (Rubies), qui réunit plus de 200 licenciés, développe une pratique du rugby « à toucher » pour les personnes atteintes de cancer. Un concept novateur et fédérateur… et qui surprend, forcément, au départ.

 

DÉPASSER SES LIMITES

« Je pensais cette discipline réservée à des sportifs chevronnés et/ou des costauds », reconnaît le Dr Stéphanie Motton, chirurgienne gynécologique spécialisée en oncologie et présidente des Rubies. Quand la FFR propose une collaboration à l’Oncopole de Toulouse pour imaginer une pratique de rugby santé, le médecin saisit la balle au bond. Au point de considérer cette discipline, dite « touch rugby » [sans contact et où la progression est arrêtée en touchant le joueur de l’équipe adverse avec la main, NDLR], « comme l’une des activités physiques adaptées les plus appropriées qu’il soit ! ». La passe en arrière spécifique au rugby à 5 permet « d’être toujours en position de jeu pour réceptionner le ballon même quand on ne peut pas courir », et le jeu de touche étire les cicatrices sans en avoir l’air, note Stéphanie Motton. « On dépasse nos propres limites, pris par l’enjeu du sport collectif et des valeurs du rugby. Jamais il ne me serait venu à l’idée de sprinter ! », se félicite Sylvie, 60 ans, pionnière chez les Rubies, aujourd’hui en rémission d’un cancer du sein.