Le Concours Médical
Décembre 2020

ARS ÎLE-DE-FRANCE. Opération commando

Maillons essentiels du dispositif de lutte contre le Covid-19, les ARS tiennent lieu d’interface entre l’Avenue Ségur et les territoires. Un rôle parfois décrié.

 

La crise sanitaire a été le baptême du feu pour les agences régionales de santé (ARS) : « Ça a commencé avec le rapatriement des Français de Chine. Et nous sommes entrés en gestion de crise autour de la mi-février. Nous n’avons eu qu’une semaine pour anticiper et mobiliser les acteurs », se souvient Didier Jaffre, directeur chargé de l’offre de soins à l’ARS Île-de-France. Depuis, l’agence s’est transformée. Son millier de collaborateurs consacre désormais 90 % de son temps à la gestion du Covid-19, et une cellule de crise fonctionne 24 heures sur 24. Au plus fort de la première vague, « Radio covid » – nom donné aux « conf call » – réunissait chaque jour des centaines de représentants des établissements de santé, de la médecine de ville et des laboratoires de biologie médicale.

En ville, la gestion de l’épidémie a révélé la plus-value des structures d’exercice coordonné, et notamment le rôle des CPTS. Didier Jaffre l’affirme : « Un fort lien ville-hôpital a permis de maintenir à domicile les patients dont les hospitalisations pouvaient être évitées ou de limiter la durée d’hospitalisation. » Et cite quelques initiatives dans les Yvelines ou en Seine-Saint-Denis…

Anticipant la survenue d’autres épidémies, une sous-direction de l’épidémie a été créée pour assurer : la veille et expertise, les tests, le contact-tracing, les plateformes aéroportuaires, les relations avec usagers et professionnels, et les équipements et logistique… Avec l’arrivée prochaine des vaccins, la création d’une structure pérenne interroge. Quels en seraient l’intérêt et les contours une fois la crise passée ? Et surtout, ce modèle sera-t-il transposable aux autres régions ?