Lundi, Septembre 23, 2019

CENTRES DE SANTÉ. Des atouts à exploiter

Pleinement associés à la dynamique de réformes « Ma Santé 2022 », les centres de santé revendiquent leur totale intégration dans les organisations territoriales. Certains y voient déjà les prémices d’un service public de santé.

Quelle place dans le champ des soins primaires ?

Dans le cadre de la transformation du système de soins, les centres de santé apparaissent comme des éléments d’organisation et plus seulement comme des alternatives à l’exercice libéral.
Au-delà de leurs trois missions (accueillir, former et coordonner), ils veulent prouver leur efficacité face aux enjeux actuels, comme la gestion des soins non programmés.
Ces dernières années, de nombreuses structures, municipales ou communautaires, ont vu le jour.

Le nombre de centres de santé médicaux ou polyvalents a beau avoir augmenté de 20 % depuis 2017, cet exercice ne représente encore que 5 % de l’ambulatoire. « La transformation du système de santé ne se fera pas sans vous », assurait pourtant la ministre de la Santé au 58e Congrès national des centres de santé en 2018. Est-elle révolue l’époque où des syndicats de médecins libéraux fustigeaient un mode d’exercice « sous perfusion », pointaient du doigt une « concurrence déloyale » ou criaient à la perte de liberté liée au salariat ? Alors que le modèle « exercice regroupé » est devenu le standard de qualité, le temps semble aujourd’hui à la coopération constructive, dans le cadre des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et de la structuration des parcours de soins.

Héritiers des dispensaires, les centres de santé ne sont plus cantonnés aux banlieues rouges de la petite couronne parisienne ou aux régions minières, et essaiment depuis quelques années dans les départements ruraux. Ces structures d’exercice collectif, le plus souvent présentes dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville, conservent néanmoins un ADN commun : soins de premier recours, tarifs conventionnés secteur 1 et tiers payant généralisé, formation initiale et universitaire des professionnels de santé, actions de prévention et de promotion de la santé... Depuis le 8 juillet 2015, elles bénéficient d’une rémunération collective pour leurs activités de soins coordonnés (accessibilité, organisation et coordination), dans le cadre de l’Accord national des centres de santé. « Au moment où émergent les CPTS, les centres de santé doivent être présents dans tous les territoires, ce qui n’est pas encore le cas, souligne le Dr Éric May, président de l’Union syndicale des médecins des centres de santé (USMCS). Là où ils sont implantés, ils facilitent la mise en place des organisations territoriales et participent à soutenir l’offre de soins par leur capacité à proposer des services complémentaires à ce que peuvent offrir les libéraux, en soutien et en complémentarité de l’offre hospitalière. Dans une CPTS où il va falloir garantir le mieux possible l’accès à un médecin traitant, structurer la demande de soins non [...]

 

Auteurs: 
Gaëlle Desgrées du Loû et Karen Ramsay