Décembre 2019

PROTOCOLE PLURIPROFESSIONNEL. L’insulinothérapie : repérer tout déséquilibre, éduquer le patient, harmoniser les pratiques



La mise sous insuline peut chambouler la vie quotidienne du patient diabétique. Conscients que l’insulinothérapie permet d’améliorer le mode de vie si le patient est bien accompagné, les professionnels de santé de la maison de santé des Deux Rives à Saint-Loup-Géanges (Saône-et-Loire) ont mis en place un protocole pluriprofessionnel de soins pour les patients traités par insulinothérapie. Créé en novembre 2018, le protocole a été réévalué en août dernier.

 

LE CONTEXTE

En 2016, 3,3 millions de personnes étaient traitées pour un diabète, soit 5 % de la population française. Avec une fréquence qui augmente avec l’âge : « Un homme sur 5 âgé de 70 à 85 ans et 1 femme sur 7 âgée de 75 à 85 ans sont traités pharmacologiquement pour un diabète », indique Santé publique France. L’insulinothérapie permet d’améliorer le mode de vie et l’espérance de vie, de freiner l’évolution de la maladie et d’éviter les complications. Une thématique qu’a choisie de traiter la maison de santé Saint-Loup-Géanges, en Saône-et-Loire.

« Notre maison de santé est née d’une envie commune des professionnels de travailler ensemble, d’assurer une meilleure coordination autour du patient et d’être plus efficaces et réactifs en cas de besoin, expliquent d’une seule voix Sabrina Chapuis et Nelly Leblanc, infirmières libérales sur la commune de Saint-LoupGéanges. Le projet de structure a été mis en place en 2014, dans un souci d’harmoniser les pratiques mais aussi d’éviter la désertification médicale. » Une tendance que confirme l’ARS Bourgogne-Franche-Comté. « En Saône-et-Loire, la situation se dégrade de façon importante en raison de la pyramide des âges des médecins généralistes libéraux : 35 % ont actuellement plus de 60 ans et plus de 50 % ont plus de 55 ans. (…) De 2007 à 2016, le département a enregistré une baisse de 11 % de médecins. La densité médicale en Saône-et-Loire est inférieure à la moyenne nationale, à la moyenne régionale », notait l’instance en septembre 2018.

 

Présentation

Lancée en juin 2018, la MSP des Deux Rives – structure multisite gérée par une coordinatrice à temps partiel – compte trois infirmières, deux masseurs-kinésithérapeutes, un diététicien (aussi hypnothérapeute), deux médecins généralistes et un orthophoniste inscrits dans la Sisa. Hors de ce cadre juridique, elle rassemble également deux infirmières et un pharmacien de Demigny, une ostéopathe, une réflexologue plantaire, une sophrologue et deux pharmaciens de la commune de Saint-Loup-Géanges. « Nous avons voulu ce protocole afin d’avoir le même discours auprès du patient. D’autant que nous étions conscients de ne pas être assez organisés sur la question de l’insulinothérapie, précisent les deux infirmières. Il s’agissait aussi d’éviter les hospitalisations dues à des déséquilibres de diabète ou des complications, de connaître les démarches et les recommandations à suivre en cas d’hypo- ou d’hyperglycémie. » Une équipe, rapidement constituée – les infirmières, un médecin généraliste, un pharmacien –, se penche sur l’élaboration du protocole (deux à trois mois) remis pour avis aux autres médecins et aux pharmaciens. Le protocole pluriprofessionnel de soins pour les patients traités par insulinothérapie est officiellement lancé en novembre 2018 …