Mars 2020

PROTOCOLE PLURIPROFESSIONNEL. Bronchiolite du nourrisson: fluidifier la prise en charge, limiter les prescriptions et les recours inutiles aux urgences

Jonathan Herchkovitch


La bronchiolite mobilise les pédiatres et les médecins généralistes durant la période hivernale. Pour mieux gérer cet afflux du point de vue qualitatif comme quantitatif, le centre municipal de santé Louise-Michel de Romainville (Seine-Saint-Denis) suit, depuis 2016, un protocole pluriprofessionnel de prise en charge et de suivi de la bronchiolite du nourrisson.

 

LE CONTEXTE

Chaque année, environ 480 000 enfants de moins de 2 ans sont touchés par la bronchiolite – soit environ 30 % de cette tranche d’âge –, le pic épidémique se situant entre fin décembre et début janvier, selon les années. Pour les parents, c’est un rhume ou une rhinopharyngite à gérer, mais l’affection devient plus inquiétante lorsqu’une infection respiratoire s’installe, accompagnée d’une toux et d’une gêne parfois importante.

Chez les enfants de moins de 2 ans notamment, les symptômes respiratoires et le sifflement qui peuvent s’installer alertent les parents, qui consultent chez le médecin généraliste ou le pédiatre mais aussi souvent directement aux urgences hospitalières, craignant une gravité particulière ou une crise d’asthme.

Or « la bronchiolite, facilement reconnue par le médecin ou le pédiatre, relève dans la très grande majorité des cas d’une prise en charge en ville, rappelle Santé publique France. Les consultations aux urgences ainsi que l’hospitalisation sont rarement nécessaires », ajoute l’agence sanitaire.

Pour réduire le recours aux urgences hospitalières, le centre municipal de santé (CMS) Louise-Michel de Romainville (Seine-Saint-Denis) a mis en place, dès 2016, un protocole pluriprofessionnel de prise en charge et de suivi de la bronchiolite du nourrisson. Situé entre deux gros centres hospitaliers (Robert-Debré à Paris, et Montreuil), le CMS entendait, par ce protocole, limiter au minimum l’adressage direct vers ces structures. « Dans l’immense majorité des cas, l’hospitalisation n’est pas pertinente, confirme le Dr Arnaud Dubédat, médecin généraliste du CMS. L’idée qui accompagne ce protocole, c’est aussi de limiter les contaminations des enfants par la gastroentérite lors de leur passage aux urgences », ajoute-t-il.

Le CMS propose en effet des plages de consultations de soins non programmés le matin et l’après-midi. « Lorsqu’il s’agit d’enfants en bas âge et encore plus de nourrissons, nous nous arrangeons pour les recevoir dans la journée, quitte à overbooker nos consultations », insiste le Dr Dubédat.

 

LE PROTOCOLE

Comme souvent pour les protocoles, les professionnels de santé du CMS se sont inspirés des trames d’autres protocoles, qu’ils ont adaptés à leur équipe. « Nous n’avons pas voulu reprendre toutes les informations liées à la prise en charge clinique, note le médecin généraliste. Nous sommes partis du principe que tous les professionnels de la structure sont des cliniciens et connaissent les critères de gravité. » Le protocole n’est donc pas exhaustif, l’équipe du CMS de Romainville ayant fait le choix de la lisibilité ...