Décembre 2019

PAIEMENT PAR CAPITATION. Ramsay santé s’inspire du modèle suédois

Jonathan Herchkovitch
Ramsay Générale de santé, groupe d’hospitalisation privée, a racheté Capio et est devenu Ramsay santé en octobre dernier, étendant au passage sa présence en Europe, notamment dans les pays scandinaves.
La nouvelle entité compte s’appuyer sur l’expertise du groupe suédois en soins primaires pour développer des centres de santé innovants en France, dans le cadre du dispositif « article 51 ».

 

Parcours de soins, épisode de soins, qualité, capitation… Le ministère de la Santé tente un coup de pied dans la fourmilière de la tarification des soins de ville. Pour certains médecins libéraux, cette volonté signe l’arrêt de mort de la médecine libérale. Pour les groupes d’hospitalisation privée, c’est l’occasion de plonger un orteil dans le marché de la médecine de ville. Alors qu’il vient tout juste de faire l’acquisition du suédois Capio, Ramsay Générale de Santé, devenu à cette occasion Ramsay santé, fait partie des acteurs décidés à proposer une alternative à la médecine libérale pour les soins primaires. Pour cela, le groupe compte profiter des libertés que permet l’article 51 de la loi de financement de la Sécurité sociale, destiné à accompagner les propositions innovantes. Et, pour Ramsay santé, l’innovation se fera notamment par une prise en charge des patients par capitation.

« Aujourd’hui, la médecine générale payée à l’acte garde tout son sens pour un bon nombre de prises en charge. Mais si elle est nécessaire, elle n’est, à mon avis, plus suffisante, estime François Demesmay, directeur innovation médicale et expérience patient de Ramsay santé. La capitation est quelque chose que nous cogitions depuis quelques années déjà. » Une réflexion d’autant plus aboutie pour l’ancien vice- directeur médical du groupe Capio qui a pu faire l’expérience de ses « vertus » dans les soins primaires en Suède. Il ne manquait plus que l’article 51.

Les centres de santé Ramsay pourront donc recevoir des forfaits pour la prise en charge de leurs patients. Les montants de ces forfaits sont fondés sur les grilles Peps (paiement en équipe de professionnels de santé) établies grâce à une expérimentation lancée par le ministère de la Santé et la Caisse nationale d’Assurance maladie en 2019 – elle aussi dans le cadre de l’article 51. Ils sont calculés en fonction du type d’affection de longue durée (et de leur nombre pour les patients polypathologiques), de l’âge ou encore du sexe des patients, après évaluation des coûts de leur prise en charge en paiement à l’acte.