Octobre 2018

Portrait. JEAN GODARD. PROXIMITÉ HUMAINE ET VISION TERRITORIALE

Médecin généraliste passionné, le Dr Jean Godard exerce dans le même cabinet depuis près de trente-cinq ans, à Val-de-Saâne (1  500 habitants), zone rurale déficitaire de Haute-Normandie. Attaché à la médecine de proximité, il développe aussi des projets variés pour mettre en oeuvre des dynamiques territoriales de santé, notamment dans le domaine de la cancérologie.

 

L’histoire familiale de Jean Godard est intrinsèquement liée à celle de son territoire, le pays de Caux, en Normandie. Issu d’une longue lignée d’agriculteurs, le jeune homme d’alors est viscéralement attaché à sa contrée. Au moment de choisir son orientation, la crise agricole frappant, les nouvelles générations délaissent la tradition familiale agraire pour rejoindre d’autres filières : il choisit la médecine générale, une voie toute trouvée pour rester implanté sur son territoire tout en demeurant au service de ses habitants. Il intègre la faculté de médecine de Rouen en 1976, et fait partie quelques années plus tard des quinze premiers étudiants de Normandie à expérimenter un dispositif qui deviendra l’internat, alimentant son sujet de thèse en 1983 : « Les premiers stages auprès du praticien en Haute-Normandie ». Fraîchement diplômé, il choisit d’exercer en 1984 en cabinet de groupe, plutôt qu’isolément, avec deux confrères. Dès le départ, les conditions d’exercice sont difficiles : les visites à domicile et les consultations sans rendez-vous deviennent « ingérables », obligeant les médecins à élargir toujours plus leurs amplitudes horaires, dépassant régulièrement minuit. La salle d’attente est exiguë, l’espace d’accueil des patients saturé. La situation devient intenable sur le long terme. En 1987, pour faire face à ces difficultés, les trois collègues prennent la décision de mettre en oeuvre une nouvelle organisation, qui préfigure les maisons de santé pluriprofessionnelles, telles qu’on les connaît aujourd’hui. Le cabinet est agrandi, passant de 70 à 200 m², et trois infirmières rejoignent l’équipe, transformant un cabinet groupé classique en une démarche novatrice d’interprofessionnalité. Les visites à domicile sont réduites et les consultations se font désormais sur rendez-vous. L’initiative est assortie d’un véritable projet territorial de santé, qui aujourd’hui encore attire de jeunes praticiens. Ces trois premières années d’activité, structurantes pour Jean Godard, lui ouvrent la voie de ses engagements futurs.