Avril 2019

MALADIES CHRONIQUES. Sophia contribue à améliorer le suivi du diabète et de l’asthme

Christine Maillard

À partir de la 6e année après l’adhésion, Sophia permet d’atténuer le recours augmenté à l’hôpital constaté dans la population éligible par rapport au groupe témoin : pour les hospitalisations, qu’elles soient tous motifs confondus (33 jours évités pour 100 adhérents par rapport au groupe témoin, les 7e et 8e années), liées au diabète et à ses complications (19 jours évités, la 7e année) ou à un événement cardiovasculaire majeur (17 jours évités, les 6e et 7e années) ; et pour le recours aux urgences hospitalières. Toutefois, estime Emmanuel Gomez, « ces résultats encourageants sur l’apparition retardée de complications sont à interpréter avec prudence, puisqu’ils ne sont pas observés chaque année, ni sur tous les indicateurs ».

L’étude rétrospective* constate également, pour la première fois, un impact sur la mortalité, avec une diminution du taux moyen annuel de décès : 3,1 % chez les adhérents contre 3,6 % chez les témoins, entre cinq et huit ans après l’adhésion.


DES RÉELLES ÉCONOMIES

Les dépenses de santé augmentent moins vite chez les adhérents à compter de la 7e année d’intervention. Dans l’étude économique, avec 17 000 diabétiques adhérents en 2008 (moyenne d’âge 65 ans), les dépenses de soins diminuent de 289 euros sept et huit ans après l’adhésion (par rapport au groupe témoin), du fait de la diminution des dépenses d’hospitalisation (-380  euros la 7e année ; -360 euros la 8e année), les dépenses de soins de ville augmentant dès la quatrième année après l’adhésion, de 105 euros à 233 euros selon les années en raison d’un recours accru aux soins infirmiers, etc. Selon l’enquête de satisfaction 2018, 9 patients sur 10 recommanderaient Sophia à un proche, et les médecins généralistes (échantillon représentatif de 300 MG) perçoivent ce service de façon moins concurrentielle qu’à ses débuts (40 % pensaient que le programme empiétait sur leur activité contre 27 % en 2018). Ils sont même 77 % à le juger utile et complémentaire de leur activité, et 8 sur 10 à estimer que l’Assurance maladie est dans son rôle en le proposant.

Ces résultats convaincront-ils les médecins généralistes qui doutent encore des bénéfices de cet accompagnement (56 % disent ne pas constater de résultats objectivables pour leurs patients) ? L’Assurance maladie prévoit de mieux les informer sur ses actions afin qu’ils puissent proposer ce service à leurs patients (seules 2 % des entrées dans le dispositif sont faites à la demande du médecin traitant) ; elle veut aussi ouvrir le dispositif aux diabétologues (et Sophia asthme aux pneumologues). Ces études confirmant que le service Sophia contribue à une amélioration du suivi médical, l’Assurance maladie compte le poursuivre, au prix d’un recrutement encore mieux ciblé, et de modes d’action diversifiés (SMS, applications).

 

* Rapport d’évaluation et annexes, méthodologie de l’étude sur www.ameli.fr