Avril 2019

RÉSEAU MILLESOINS. Les pharmaciens en vrais maîtres d’oeuvre

PRODUIRE DE LA DONNÉE

Les pharmaciens du réseau souhaitent aussi agir sur la production de données de santé puisqu’ils reçoivent des patients qui représentent toutes les tranches de risque, de l’enfant à la personne âgée. « Nous souhaitons produire de la donnée de santé pour l’équipe de soins primaires parce que plus les professionnels de santé disposent d’informations solides, plus l’incertitude diminue, souligne Antoine Prioux. Ils peuvent alors prendre de bonnes décisions pour leur patient. » De fait, si les MSP utilisent un logiciel commun, cela permet de structurer dans un même endroit les données médico-économiques des parcours de soins des patients, les données économiques de consommation des médicaments et donc d’avoir accès aux déterminants de santé. Aujourd’hui, les professionnels du réseau Millesoins partagent leurs informations sur les dossiers patients en réseau, au sein d’un système d’information partagé. Ils se retrouvent aussi tous les mois pour faire des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) et parler des projets d’évolution du réseau. « Mais pour mettre en place un vrai projet, il est nécessaire d’avoir de la donnée structurée afin de mieux s’organiser et éviter ou réduire des dépenses de santé », considère Antoine Prioux. « Pour mettre ce système en place, nous devons avoir des dossiers carrés et coder les pathologies principales de nos patients, indique le Dr Grenaille. Pour le moment, faute de temps, c’est un peu difficile pour les médecins de le faire. Néanmoins, ce projet peut être essentiel car il permettrait de cibler les problèmes des populations locales et de mieux équilibrer les patients. »

La labellisation du pôle de santé en maison de santé pluriprofessionnelle universitaire (MSPU), obtenue en mars dernier, peut amener une avancée dans le domaine. « Le développement de ce pôle universitaire va nous permettre de recevoir des internes qui pourront exercer dans les différents cabinets, fait savoir le Dr Grenaille. Peut-être que cela leur donnera l’envie de s’y installer. » Et d’ajouter : « Nous pourrions aussi accueillir des chefs de clinique en médecine générale ayant vocation à faire de la recherche. » Les professionnels envisagent de constituer une base de données qualitatives avec des déterminants de santé. Ils souhaitent que ce projet se concrétise par la création d’un tiers lieu orienté « santé et numérique », à savoir un espace de travail collaboratif où différentes disciplines se rencontrent, où des chercheurs, des professionnels de santé, des internes en stage, des entreprises du numérique se retrouvent autour de projets de recherche, de modèles économiques sur l’innovation et aussi sur des projets de santé en soins primaires…