Novembre 2019

PLATEFORME. Ernesti, des gardes de nuit pour gagner en sérénité

Gaëlle Desgrées du Loû
En proposant un accompagnement de nuit, Ernesti met en lien des étudiants en santé et des personnes âgées en perte d’autonomie.
Lancée en 2017, la plateforme favorise le maintien à domicile.

 

Un plumage blanc faiblement tacheté : c’est la caractéristique de la chouette ernesti, une sous-espèce de la chouette effraie. Ce nom de rapace nocturne a été choisi par Quentin Zakoian, ingénieur, et sa soeur jumelle, Séverine, psychologue clinicienne, pour leur start-up de gardes de nuit à domicile, lancée en 2017.

L’entreprise relie des étudiants en santé – appelés les « chouettes» – et des aidants familiaux, pour assurer une présence rassurante et stimulante au domicile de leurs proches, confrontés à des risques de chute, des angoisses nocturnes, des problèmes de désorientation, etc. Après quelques années d’expérimentation locale, le concept a pris une tournure professionnelle.

Aujourd’hui, 200 étudiants assurent près de 2 000 nuits d’accompagnement par an dans dix villes de France (Bordeaux, Toulouse, Paris, Strasbourg, Nantes, Nice, Lyon, Cannes, Valence et Marmande), et bientôt une quinzaine. « Quand une chouette démarre un accompagnement, l’objectif est que cela soit dans la durée. Sur dix étudiants qui s’inscrivent au départ, trois seulement vont finir le processus de sélection. Ils se présentent ensuite dans une vidéo envoyée aux familles, qui pourront choisir parmi plusieurs profils. Nous faisons un gros travail pour cibler le niveau de dépendance des personnes, auprès des aidants familiaux notamment », indique Quentin Zakoian, qui met également en avant l’aspect financier : « Les agences classiques de service à la personne font payer 240 euros la nuit. Personne ne peut se le payer, et cela précipite souvent un départ en Ehpad… Notre prix est de 83 euros ou 93 euros la nuit (50 euros pour l’étudiant ou 60 s’il y a eu besoin de faire un change, 23 euros de cotisations sociales et 10 euros pour Ernesti) et revient à 46 euros après crédit d’impôt. »