Décembre 2019

RECOMMANDATIONS DE LA HAS. Violences conjugales : comment repérer et orienter les victimes ?

SAVOIR REPÉRER

Aucune symptomatologie n’est spécifique aux violences faites aux femmes. Ce qui peut alerter, ce sont des attitudes craintives : un manque de confiance en soi, un isolement social, une explication confuse et fluctuante sur des blessures ou un refus d’être examinée… Les conséquences sur la santé (voir ci-contre) peuvent être des troubles dépressifs ou psychosomatiques, des « symptômes physiques chroniques inexpliqués », ou des « lésions traumatiques, surtout si elles sont répétées ». Autre signal d’alerte : le conjoint qui se montre « trop impliqué », « répond à la place » de la femme ou « minimise les symptômes ».

Toutes les spécialités étant concernées, des chirurgiens-dentistes référents violence ont été désignés dans chaque département afin d’organiser des temps de sensibilisation et d’information, et d’identifier les acteurs locaux (institutionnels et associatifs) vers qui orienter les victimes. Parmi les signes qui doivent alerter : récidive de fracture dentaire, plaies de la face ou des muqueuses buccales, hématomes, troubles de l’occlusion, douleur de l’articulation temporo-mandibulaire, attitude « trop » résistante à la douleur.

« C’est notre travail quotidien d’être le médecin de famille et de considérer le contexte social », explique Mathilde Vicard-Olagne, médecin généraliste à Clermont-Ferrand. Car les agissements des enfants peuvent aussi servir d’alarme : rupture scolaire, repli sur soi, régression dans les acquisitions ou, au contraire, maturité précoce, troubles (alimentaires ou du sommeil), douleurs répétées ou une mise en danger… Considérer l’impact sur les enfants permet aussi de mobiliser les mères dans les démarches à entreprendre pour s’extraire de la situation.