Janvier 2020

PORTRAIT. Élodie Montaigne : la soif de transmettre

Françoise Vlaëmynck

UNE BELLE RENCONTRE

En 2015, Élodie Montaigne décide d’intégrer le diplôme inter- universitaire de gérontologie de Rennes-Brest afin d’affermir ses compétences et sa pratique dans la prise en charge de sa patientèle âgée – quelque 50 % de ses patients ont aujourd’hui plus de 75 ans. Dès lors, tout s’enchaîne. Concomitamment, elle présente une validation des acquis de l’expérience (VAE) à l’université Pierre-et-Marie-Curie [aujourd’hui Sorbonne Université, NLDR] afin d’obtenir un master 1. Validation qui lui est accordée. Soutenue par ses ex-enseignants du DIU, le Dr Aline Corvol, gériatre, et le Pr Dominique Somme, tous deux praticiens au CHU de Rennes, elle s’inscrit dans la foulée en master 2 « Expertise en gérontologie, option pratique avancée ». « Faire un DIU en tant que libérale n’a rien d’évident. On débarque de son cabinet alors que la plupart des autres professionnels travaillent à l’hôpital ou en structure, bref le plus souvent en équipe. Le Dr Corvol et le Pr Somme ont été des rencontres importantes dans mon parcours. D’une part, parce qu’ils sont très impliqués dans le développement des sciences infirmières et, d’autre part, parce qu’il a été à la fois stimulant et rassurant de me sentir épaulée par eux. »

Cette période intense va également révéler à la soignante son appétence pour les études et singulièrement pour la recherche. Ainsi, en 2018, lorsque l’université de Rennes crée son premier master de pratique avancée, naturellement, le trinôme est chargé de lui donner corps. Dès lors, l’infirmière fait le choix de partager son temps entre l’université, comme coordinatrice pédagogique du master, et son cabinet, qui est membre de la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) de Brocéliande, située à Plélan-le-Grand et dont l’activité a débuté il y a une huitaine d’années. Là, son expertise infirmière en gérontologie est souvent sollicitée puisqu’elle est également référente du Plan pour les personnes à risque de perte d’autonomie (Paerpa) sur son territoire. « Tout professionnel de la MSP peut me saisir, mais le plus souvent c’est le médecin généraliste qui me demande d’évaluer une personne âgée lorsqu’il repère chez elle une fragilité clinique gérontologique qui potentiellement pourrait la conduire à une situation de perte d’autonomie, tels les troubles cognitifs, les troubles de l’humeur, des chutes répétées... » Or il suffit parfois de peu pour ne pas basculer dans une situation de dépendance dont on sait qu’il sera difficile de sortir ensuite, et dont on connaît également le lourd poids social et économique. « C’est tout le sens de mon évaluation à domicile qui permet d’objectiver une situation via des critères éprouvés et des tests standardisés et, le cas échéant, de proposer un plan personnalisé de santé qui peut mobiliser un ou plusieurs soignants de la MSP, afin...