Janvier 2020

PORTRAIT. Élodie Montaigne : la soif de transmettre

Françoise Vlaëmynck

...d’éviter ou de retarder l’entrée en dépendance, souvent irréversible. Et nous pouvons aussi activer d’autres ressources du territoire. Ici, nous avons la chance de pouvoir faire appel à l’expertise de l’équipe mobile de géronto-psychiatrie rattachée à l’hôpital psychiatrique de Rennes. Sachant que les troubles dépressifs mal diagnostiqués et mal pris en charge sont un marqueur majeur d’entrée en dépendance chez la personne âgée, ce dispositif est un réel plus pour les patients et pour les soignants. »

La MSP a également mis en place des groupes de travail thématiques ouverts à l’ensemble les libéraux du territoire et dans lesquels Élodie Montaigne s’est naturellement investie – notamment ceux ayant trait au maintien à domicile et à la gérontologie. « C’est un fonctionnement très dynamisant dont le but est d’harmoniser les pratiques professionnelles. Nous échangeons par exemple sur la prise en charge des plaies complexes, la réalisation d’un bilan holistique ou encore la mise en place de consultations conjointes. »

 

COURROIE DE TRANSMISSION

Autre activité stimulante, celle d’assurer depuis deux ans la co-coordination pédagogique des masters 1 et 2 de pratique avancée et d’y enseigner notamment les méthodologies de recherche en soins infirmiers. « Nos étudiants, qui ont en moyenne quinze ans de métier dans la profession infirmière, ont été formés sur un référentiel déjà ancien et éloigné du cadre universitaire. De fait, ils n’ont pas forcément intégré que les sciences infirmières sont une discipline à part entière et que les recherches qui y sont liées se doivent de répondre aux mêmes critères de validité et à la même rigueur que les autres disciplines scientifiques. Et c’est l’ensemble de cette démarche et de cet esprit que je m’efforce de transmettre de manière très horizontale car nos étudiants sont aussi des collègues et j’apprends aussi beaucoup de leur expérience et pratique », explique celle qui confie « ne plus soigner comme avant » depuis qu’elle a elle-même passé son master.

Malgré un emploi du temps chargé, Élodie Montaigne est aussi une jeune maman et songe sérieusement à entamer un doctorat. En attendant, elle se nourrit volontiers de la lecture de travaux sociologiques et anthropologiques. « Ces disciplines scrutent très souvent la profession infirmière et l’hôpital. Cela ne peut qu’aiguillonner l’infirmière que je suis. »