Février 2020

TÉLÉMÉDECINE. Quelle déclinaison en régions ?

En Normandie, l’accompagnement à la téléconsultation est plutôt centré sur les résidents en Ehpad : 160 structures sont ainsi équipées, soit 50 % des Ehpad de la région. Mais « il subsiste malgré tout de vrais enjeux d’organisation tant du côté de l’Ehpad que de la ville ou de l’hôpital, précise Yann Lequet, directeur de l’appui à la performance à l’ARS Normandie. Et la question demeure : comment est-ce que je réponds à cette demande de soins ? ». Une première réponse a été donnée à Saint-Georges-de-Rouelley, commune normande sans médecin, où une expérimentation de télémédecine s’adresse aux patients sans médecin traitant ou qui ne parviennent pas à obtenir de rendez-vous dans un délai « compatible avec leur état de santé », précise l’ARS. En onze mois, 123 actes y ont été effectués, soit 48 % chez les 60-80 ans et 10 % chez les plus de 81 ans. 92 % de ces patients n’avaient pas de médecin traitant, et 54 % ont consulté pour des pathologies aiguës. De plus, 10 infirmières et 7 médecins libéraux de la commune ont été formés à la télémédecine.

La région Bougogne-Franche-Comté ? « Une région vaste et peu peuplée… et des difficultés d’accès aux soins en premier et second recours, décrit Olivier Obrecht, directeur général adjoint de l’ARS. La télémédecine est donc un puissant outil. » Ainsi, les projets régionaux sont nombreux à proposer des prises en charge à distance : télédermatologie (100 sites de la région), télécardiologie (50), télé-AVC (30), télépsychiatrie (25)… Une stratégie de déploiement amorcée entre 2017 et 2019, en trois phases : dans les maisons de santé et cabinets médicaux, dans les Ehpad, et dans les établissements médico-sociaux du champ du handicap. Si les défis sont nombreux – favoriser l’accès aux soins et améliorer les délais de prise en charge, éviter les renoncements de soins, réduire les inégalités, favoriser les collaborations interprofessionnelles –, il s’agit également de savoir concilier télémédecine et éthique, et de veiller à une bonne utilisation des données. La région compte ainsi plus de 1 000 professionnels de santé formés à l’utilisation des plateformes régionales, plus de 200 structures 50 % de plus qu’en 2017) et plus de 2 millions d’euros consacrés au déploiement en 2018…

Téléconsultations en psychiatrie à la MSP de Boussac (mars 2018), en plaies et cicatrisation à domicile au Pôle de santé Saint-Savin (2017), en médecine générale pour les patients en ALD au domicile du patient à la CPTS du Bergeracois (septembre 2019)… En Nouvelle-Aquitaine, la télémédecine est « l’un des leviers, mais pas le seul, pour aider professionnels et organisations territoriales à rapprocher le soin et les patients », explique Mélanie Volpato-Coilier, de l’ARS Nouvelle-Aquitaine. 670 Ehpad ont été accompagnés en 2019 (contre 150 en 2017), soit 72 % des structures de la région, ainsi que 113 foyers d’accueil médicalisés et maisons d’accueil spécialisées, et 17 unités sanitaires.