Février 2020

ORGANISATION. La CPTS de Vénissieux, première signataire de l’ACI, entre en piste

Gaëlle Desgrées du Loû

... de travail consistent à favoriser l’accès aux soins et à participer au désengorgement des urgences, en facilitant l’accès à un médecin traitant (notamment pour les personnes âgées, les patients en ALD et les patients en situation de précarité) et en mettant en place des plages de consultation dédiées », décrit Myriam Nauche, directrice de la CPTS et responsable de la coordination des acteurs et du projet. L’aide au démarrage versée par l’ARS (100 000 euros) a permis, depuis septembre 2019, son embauche à temps partiel, ainsi que celle de trois autres personnes : une secrétaire administrative chargée du suivi et de l’ensemble des tâches administratives, et deux coordinateurs de parcours entre l’hôpital et la ville (et inversement) pour accueillir et orienter la demande de soins. Ils sont chargés de trouver les ressources nécessaires en soins parmi les professionnels de la commune. La CPTS s’apprête aussi à embaucher un interlocuteur social unique pour gérer toutes les demandes et suivre les problèmes sociaux rencontrés par les patients pris en charge par les professionnels de santé de la commune, en établissant notamment un répertoire des ressources sociales.

 

UNE ANNÉE D’INNOVATIONS

Les 230 000 euros de subvention annuelle de l’Assurance maladie (versés sous réserve du respect des objectifs) financeront les missions de service public. Ce début d’année marque ainsi le lancement concret des projets. Pour répondre aux besoins de soins non programmés, la CPTS met en place des astreintes de médecins généralistes, masseurs-kinésithérapeutes et infirmières qui libèrent des créneaux tous les après-midi de 14 h à 20 h. Chaque médecin s’engageant à prendre des demandes de soins non programmés sur cette plage horaire percevra un forfait de 50 euros par période de six heures, versés par l’association. Les patients qui ne trouvent pas de rendez-vous avec leur médecin traitant pourront être orientés vers un autre médecin du secteur, par l’intermédiaire de la coordinatrice.

L’accès aux plages de consultation pourra être sollicité par les pharmaciens de Vénissieux (devenant le point d’entrée dans le système) et le centre de régulation 15. Des actes de téléconsultation (article 51) avec l’outil Sara seront organisés dès février 2020, à partir de la pharmacie. Un rapport de téléconsultation sera ainsi fait au médecin traitant en messagerie sécurisée et versé au DMP du patient (si celui-ci est ouvert). L’ordonnance est, elle, transmise par voie électronique sécurisée au pharmacien désigné par le patient. « Il va falloir que la médecine s’adapte en s’appuyant sur les professionnels de santé du territoire », affirme Pascal Dureau, qui s’est engagé à programmer 100 téléconsultations dans les Ehpad d’ici à décembre 2020, dans le cadre d’un appel à projets. Par ailleurs, lorsqu’un professionnel de santé sera informé de difficultés à joindre une infirmière ou un kinésithérapeute, la coordinatrice aidera à trouver un rendez-vous dans la journée.