Le Concours Médical
Avril 2020

PORTRAIT. Dr Jean-Pierre Gallet : accro au territoire

Laure Martin
Issu d’une famille de médecins et de juristes, Jean-Pierre Gallet s’est inspiré de cet héritage familial pour orienter ses choix professionnels. Chirurgien-dentiste à Chinon depuis plus de trente ans, mais aussi économiste de la santé, il oeuvre pour attirer les jeunes dans les territoires afin de pouvoir, un jour, tirer sa révérence en sachant que la relève sera assurée.

 

« Mon père était médecin, tout comme mon grand-père. J’ai baigné dedans ! », s’amuse Jean-Pierre Gallet, installé dans les bureaux parisiens des Chirurgiens-dentistes de France*, syndicat dont il est le président départemental en Indre-et-Loire. La convivialité est tout de suite au rendez-vous. Si le chirurgien-dentiste n’a pas suivi la voie tracée par ses aînés, c’est parce que le dentaire offrait une dimension manuelle, sorte de + supplémentaire à la seule approche médicale. « Et puis, en tant que dentiste, on réalise un plan de traitement. Quand on commence des soins, on accompagne le patient jusqu’au bout, dans la mesure du possible… C’est ce qui me plaît. »

Première année de médecine à Poitiers, puis faculté dentaire à Nantes. Très vite, Jean-Pierre Gallet s’intéresse à la déontologie et à l’éthique, également par atavisme, car « il y avait des juristes dans ma famille ». Un travail de réflexion qui l’amène à étudier l’économie de la santé : il suit ainsi un DEA à l’université Jean-Moulin Lyon-3 en parallèle de son service militaire à Poitiers. Et passe une thèse de doctorat en économie de la santé au Centre de recherche, d’études et de documentation en économie de la santé (Credes) – devenu l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) – et intègre le Collège des économistes de santé, où il est d’ailleurs le seul chirurgien- dentiste libéral. « J’ai toujours été passionné par l’anticipation, c’est ce qui m’a conduit à faire de l’économie de la santé. Car si on veut avoir son libre arbitre, il faut être capable d’anticiper. » Avril 1986. Il s’installe, à la fin de ses études, à Chinon, pour reprendre un cabinet dentaire isolé. « Il y avait déjà beaucoup de chirurgiens-dentistes qui exerçaient en ville, les seules places à prendre étaient en milieu rural, et je cherchais un mode de vie différent », reconnaît-il. Une envie aussi d’apporter une offre de soins au plus près des patients. Dès son installation, il adhère à la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) par envie de défendre son exercice professionnel. « Ce syndicat correspondait déjà à l’époque à mes opinions. La parole y est libre, on peut défendre notre point de vue, débattre pour construire et évoluer. » Cette réflexion sur l’offre de soins mûrit en parallèle de son exercice libéral. Il s’intéresse aussi à la médicométrie régionale, une approche qui évalue et prévoit les impacts économiques, sociaux et spatiaux de la filière santé. Un intérêt qui se traduit concrètement par la création, au sein de l’Association dentaire française (ADF), d’une commission d’économie de la santé, pour s’interroger sur le système de santé.

* ex-Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD)