Le Concours Médical
Mai 2020

COLLABORATIVE CARE MODEL. Troubles psychiques, soins primaires et pluriprofessionnels

La France est en retard sur la prise en charge des troubles psychiques. Le système fonctionne mal, coûte cher et souffre de coupes budgétaires.
Le « collaborative care model » propose un changement de paradigme de l’approche des soins, en réorganisant leur prise en charge en soins primaires.

 

En 2017, 23,2 milliards d’euros ont été affectés à des remboursements liés à la santé mentale par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam)(1). Un chiffre en hausse de 16 % depuis 2012 pour les maladies psychiatriques, et qui en fait le premier poste de dépense de la Cnam, devant les cancers (18,4 milliards d’euros) ou les maladies cardio-neuro-vasculaires (16,6 milliards d’euros).

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les troubles psychiques touchent une personne sur quatre à un moment de sa vie, les classant parmi les causes principales de morbidité et de mortalité(2). En France, le système est tendu dans le domaine des soins aigus, en raison d’un manque de psychiatres et de capacités de consultation et d’hospitalisation. La responsabilité de la prise en charge des troubles psychiques retombe donc souvent sur les professionnels de santé de premiers recours.

Dans le cadre de son programme pluriannuel « Psychiatrie et santé mentale » (2013-2017), la Haute Autorité de santé a publié une fiche mémo et deux recommandations de bonne pratique destinées à améliorer le repérage et le traitement des troubles bipolaires et des manifestations dépressives, chez l’adolescent et chez l’adulte, en soins de premier recours. Mais pas de révolution dans le système de prise en charge.

1. Tous régimes d’assurance maladie, Cnam, 2019.
2. World Health Organization. The World Health Report 2001. Mental Health: New Understanding, New Hope. Geneva: WHO, 2001.