Le Concours Médical
Mai 2020

COVID-19. Les structures regroupées impactées mais réactives

Jonathan Herchkovitch et Karen Ramsay
L’épidémie de Covid-19 a contraint les soins primaires à se réorganiser en urgence pour assurer une continuité des soins dans les meilleures conditions.
Plusieurs enquêtes ont été publiées. Premier bilan : les équipes ont dû s’adapter, et semblent s’être bien structurées dans la gestion de crise.

 

Réanimation. Ces services hospitaliers ont focalisé l’attention nationale au détour de décomptes quotidiens d’admission et de décès. L’hôpital, dans son ensemble, a été au coeur de la gestion de l’épidémie de Covid-19, le point central d’une communication gouvernementale et des autorités sanitaires. Côté soins primaires, moins de bruit. Les équipes ont dû s’adapter sans directives organisationnelles.

Pour évaluer l’impact de la crise et la réactivité des professionnels de ville, les représentants des maisons et centres de santé(1), dans le cadre de recherches autour des soins primaires(2), ont lancé une étude à destination des structures pluriprofessionnelles. Le 4 mai, les résultats préliminaires concernaient 358 équipes sur le territoire national (262 MSP, 96 centres de santé), interrogées en ligne entre le 2 et le 7 avril. Pour Pascal Gendry, président d’AVECsanté, l’enquête « confirme ce que nous pensions : l’exercice pluriprofessionnel n’est pas une addition de professionnels, mais une synergie ». Et il a montré ses atouts.

 

L’ACCUEIL DES PATIENTS

Un premier élément important ressort : la quasi-totalité des structures ayant répondu à l’enquête ont pu poursuivre leur activité, malgré l’interruption totale de l’activité pour certains professionnels (dentistes, kinés, etc.). Pour 95 % d’entre elles, l’accueil physique des patients a été modifié, avec deux files de patients séparées temporellement ou physiquement. « Les structures disposant de plusieurs locaux ont par exemple pu réserver un bâtiment aux patients Covid-19 », précise Alain Beaupin, médecin généraliste et président de l’Institut Jean-François-Rey (IJFR). D’autres réservaient des créneaux horaires aux patients potentiellement positifs.

1. AVECsanté, Institut Jean-François-Rey, Fédération nationale des centres de santé (FNCS), Union syndicale des médecins de centres de santé (USMCS).
2. Enquête réalisée dans le cadre du réseau Accord, en partenariat avec la mission Respire (EHESP, Irdes, Cnamts).